Pas encore relu par un·e avocat·e. Informations sourcées, à confirmer.
Groupes Signal : recruter et rencontrer¶
Groupes Signal : vue d'ensemble
Mots utilisés ici : les groupes (public, sas, confiance), les rôles (RH, gardien·ne…) et le vocabulaire.
Le recrutement de bout en bout, rôle par rôle¶
| Étape | Nouvelle personne | Secrétaire | RH | Gardien·ne |
|---|---|---|---|---|
| 1. Avant | Rejoint le groupe public ; fait ses réglages (nom de militant·e, numéro caché) | — | — | Règle les groupes vides : délai d'effacement, permissions, aucun lien (sauf pour le groupe public) |
| 2. Groupe sas | Rejoint un groupe sas annoncé dans le groupe public (date et tranche horaire), ou en propose un au ou à la secrétaire, qui l'annonce (délai d'effacement réglé avant toute invitation ; ajouté·e par le ou la secrétaire, par nom d'utilisateur) | Annonce le groupe sas dans le groupe public (date, tranche horaire) ; en est admin ; ajoute les personnes qui s'y sont inscrites en privé ; poste le lieu la veille, sans plus ajouter personne, puis le jour même | — | — |
| 3. Rencontre | Vient, sans téléphone sur la table ; fait ses réglages avec le ou la secrétaire | Anime ; aide aux réglages ; scanne le code QR du numéro de sécurité de chaque compte, qui est alors marqué « vérifié » sur son téléphone1 | — | — |
| 4. Garant·e | Un·e membre vérifié·e qui la connaît se porte garant·e, en privé | Valide si toutes les conditions sont réunies (voir valider) | Tranchent en cas de doute | — |
| 5. Nettoyage | — | Retire les personnes non validées (personne n'est plus ajouté·e depuis la veille), y ajoute une personne des RH, qui n'est ainsi exposée qu'aux personnes validées | — | — |
| 6. Second contrôle | Répond aux éventuelles questions | — | Vérifient les profils : nom, pas de photo, numéro caché, pas de nom en double | — |
| 7. Ajout | Est ajouté·e au groupe de confiance par les RH | — | Ajoutent par nom d'utilisateur les seuls membres validés du groupe sas, quittent le groupe sas, notent les noms au registre | Vérifie que les arrivées correspondent : personne d'inconnu, pas de nom en double |
| 8. Ensuite | Lit la charte ; période d'essai ; les sous-groupes sensibles plus tard | Reste son ou sa référent·e | Reçoivent les doutes, décident des retraits ; une interpellation : retrait conservatoire | Veille : arrivées inattendues, changements de nom, comportements étranges ; signale aux RH |
Le groupe sas¶
- Aucun groupe sas ne donne accès seul aux groupes vérifiés. N'importe qui peut créer un groupe qui se dit « sas », y compris une personne mal intentionnée : seuls comptent ceux qu'un·e secrétaire annonce dans le groupe public, et même eux restent une rencontre ouverte, rien de plus. Dites-le dans le groupe public.
- Ce qu'y voit une personne : l'heure et le lieu, les noms de militant·e des autres, et, à la rencontre, le visage du ou de la secrétaire. On n'y écrit donc rien d'autre, et les secrétaires tournent.
- Ce n'est pas une salle d'attente et on n'y planifie aucune action : il sert à une rencontre, puis, au besoin, à se donner rendez-vous pour se voir en vrai à une action organisée par d'autres, où des membres vérifié·es observent et en parlent aux RH (voir les voir agir). Les autres personnes pas encore validées restent dans le groupe public.
- À la rencontre, on ne vérifie pas l'identité. Ni papiers, ni vrai nom, ni métier, ni quartier : ces questions fabriquent des informations qui identifient, et une personne malintentionnée a une histoire toute prête. Parler de tout et de rien met à l'aise, sans questions personnelles et sans rien noter ; pas de tour de table sur le métier ou le quartier, pour protéger aussi les nouvelles personnes les unes des autres. On vérifie plutôt :
- le compte et les réglages : code QR scanné, nom de militant·e, numéro caché ;
- qui la connaît : « comment as-tu connu le groupe ? quelqu'un ici ou dans le mouvement te connaît ? », pour repérer un·e garant·e possible ;
- ce qu'elle veut faire : quelles actions, quelle équipe ;
- qu'elle a compris la charte, en la lui faisant redire avec ses mots ;
- les signaux d'alerte, sans accuser : pousser à l'illégal ou à la violence, vouloir savoir qui est qui et quels groupes existent, demander des noms ou des adresses, prendre des photos, vouloir entrer partout tout de suite.
- Chaque groupe sas naît avec sa date et sa tranche horaire (« jeudi soir », « samedi midi ») : les personnes choisissent celui qui leur convient, sans sondage ni découpage après coup. C'est le ou la secrétaire qui synchronise tout : il ou elle crée le groupe sas (ou en devient admin s'il a été créé par quelqu'un d'autre) et poste l'annonce dans le groupe public, dont les secrétaires sont admins : « Rencontre jeudi soir : groupe sas », avec la consigne de lui écrire en privé (par nom d'utilisateur) pour être ajouté·e. Jamais le lieu : il est posté la veille dans le groupe sas.
- Date pas encore fixée ? Un sondage Signal dans le groupe sas, avec 2 ou 3 créneaux ; pas d'outil extérieur, qui garderait la trace de qui vient quand. Les votes ne sont pas anonymes : chaque membre voit qui a choisi quoi, ce qui ne pose pas de problème pour une date.2
- Deux créneaux qui ont du succès ? Une rencontre, un groupe sas : le ou la secrétaire en crée un second pour l'autre créneau, y ajoute les personnes qui l'ont choisi, puis les retire du premier. Un créneau qui n'attire qu'une ou deux personnes ne vaut pas un groupe : on garde le créneau majoritaire, et les autres viendront à la prochaine rencontre.
- Quand donner le lieu ? Par défaut, la veille, avec l'heure. Plus on le donne tard, moins longtemps il est connu, mais plus c'est difficile à organiser. Au choix du groupe : le matin même pour un petit sas, ou en deux temps (zone et heure la veille, point exact quelques heures avant, seulement aux personnes qui ont confirmé). Ce sont des choix d'organisation : aucune source n'en mesure l'effet.
- Le calendrier du ménage :
- avant : on ne retire personne, mais on ferme les entrées : la veille, en postant l'heure et le lieu, le ou la secrétaire n'ajoute plus personne ; seules les personnes déjà ajoutées connaissent le lieu ;
- pendant : pas de ménage, les téléphones sont rangés ; une tolérance annoncée pour les retardataires (30 minutes, par exemple), qui font réglages et code QR à la fin ;
- après : le ménage se fait le soir même, au plus tard sous 48 heures : on retire les personnes non validées, absent·es compris ; elles ne voient plus rien de la suite. Plus on attend, plus longtemps des personnes non rencontrées voient la suite. Ce qu'elles ont déjà vu ne s'efface pas : fermer le groupe sas ensuite est une question d'hygiène (moins de groupes), pas de sécurité. Les absent·es restent dans le groupe public et viendront à la prochaine rencontre ; une personne absente qu'un·e garant·e connaît peut aussi être rencontrée seule par un·e secrétaire. Exception : les personnes rencontrées qui vont se retrouver à une action restent dans le sas, nettoyé et renommé, pour se donner rendez-vous seulement, jusqu'à ce que chacune soit ajoutée au groupe de confiance ou écartée (voir les voir agir).
- Ensuite, au choix : le fermer, ou le garder, renommé, comme groupe de secours du petit noyau de cette rencontre, pour garder le contact si le groupe principal est perdu (fermé par erreur, gardien·nes arrêté·es). On n'y organise rien et on n'y ajoute personne ; deux admins du noyau, de préférence pas les gardien·nes du groupe de confiance ; aucun lien ; messages éphémères à 1 semaine.34 Il ne protège pas d'une fuite inconnue (cas B).
- Sans groupe sas de secours, on se retrouve par un message neutre des gardien·nes dans le groupe public (« les RH vous recontactent ») et par le point de repli en vrai.
- Dans le groupe public, la liste des membres est visible par tous, et Signal ne permet pas de la cacher : quelqu'un peut y piocher des contacts pour un groupe sas, ou pour harceler. D'où le nom de militant·e et le numéro caché, dès le groupe public.
La rencontre en vrai, étape par étape¶
Le groupe sas organise la rencontre ; voici comment elle se passe. Ces consignes sont du bon sens d'organisation, pas des règles établies : adaptez-les. Une rencontre réduit le risque, elle ne l'élimine pas : c'est pourquoi s'y ajoutent un·e garant·e et le second contrôle des RH.
Avant
- Un lieu public, neutre et fréquenté (café, parc, local associatif ouvert), choisi par les secrétaires, jamais un domicile. De jour de préférence, avec une sortie facile.
- Jamais une seule personne face à une nouvelle : au moins deux membres vérifié·es, pas forcément secrétaires (le ou la secrétaire anime, une autre personne accueille et écoute). Deux regards repèrent mieux une incohérence. C'est aussi une protection pour la nouvelle personne, qui peut prévenir un·e proche de l'heure et du lieu.
- Annoncez la durée : 15 à 30 minutes par personne. Les petits groupes (5 à 15 personnes) évitent qu'on s'attarde sur un cas.
- Le ou la garant·e vient de préférence avec la personne, ou la confirme en privé : « la personne qui porte ce nom de militant·e est bien celle que je connais ». Rien de plus à échanger.
- Les réglages sont envoyés avant, pour que la rencontre serve à les vérifier, pas à les découvrir.
Pendant (15 à 30 minutes)
- Accueil (5 minutes). Le ou la secrétaire se présente avec son nom de militant·e, rappelle à quoi sert le groupe (entraide, logistique, rien d'illégal) et ce qui va se passer. Il ou elle dit aussi qu'on ne note rien et qu'on ne demande aucune identité. L'objectif est de mettre à l'aise.
- Réglages et code QR (10 minutes). Chaque personne manipule son téléphone et montre ses écrans ; le ou la secrétaire guide à voix haute : nom de militant·e, pas de photo, numéro caché, puis scan du code QR du numéro de sécurité. Le ou la secrétaire regarde l'écran, avec l'accord de la personne : les cocher à voix haute ne suffit pas.
- Conversation (10 minutes). Des questions ouvertes, sans interrogatoire : « Qu'est-ce qui t'amène ? », « Qu'aimerais-tu faire : tracter, logistique, secourisme, juridique ? », « Comment as-tu connu le groupe ? », puis « Peux-tu me redire la charte avec tes mots ? ». Écoutez plus que vous ne parlez. La personne peut poser ses propres questions (qui organise, comment, quels risques) et on lui répond : la confiance va dans les deux sens. Les contrôles à faire sont listés dans le groupe sas.
- Fin (2 minutes). Dites ce qui se passe ensuite (« les RH reviennent vers toi sous quelques jours ») sans promettre : on ne dit jamais « tu es accepté·e » sur place.
À éviter
- Ne testez pas par provocation (proposer une action illégale « pour voir » sa réaction) : cela crée du risque pour tout le monde et ne prouve rien.
- Ne tranchez pas seul·e sur place : un malaise, une incohérence ou un signal d'alerte se disent aux RH après coup, sans accuser la personne.
- N'essayez pas de deviner qui est « infiltré·e » : on observe des comportements (pression, insistance, curiosité sur les autres), pas des profils.
Après
- Un court point, de préférence à voix haute, entre les deux membres vérifié·es présent·es, puis avec les RH, le jour même : ce qui s'est bien passé, ce qui a surpris. Une conversation Signal entre membres vérifié·es reste acceptable, en messages éphémères. Rien n'est écrit durablement avec des noms (voir « pas de liste de confiance »).
- Un seul doute sérieux suffit pour attendre : la personne reste dans le groupe public, et vient aux actions publiques.
Recruteur·ses et secrétaires¶
- Plusieurs de chaque, pour ne dépendre de personne, et qui tournent.
- Les recruteur·ses ne valident pas et ne peuvent pas être garant·es de leurs propres recrues : sinon, une seule personne malintentionnée fait entrer tout son entourage. Ils et elles ne sont pas gardien·nes des groupes vérifiés (le rôle expose), et envoient la liste des réglages avant une rencontre.
- Les secrétaires sont des membres déjà vérifié·es, jamais une personne du groupe sas désignée sur place. Les nouvelles personnes peuvent en revanche prendre de petites tâches sans droits dans Signal (gérer le temps, distribuer la parole, accueillir à la porte) : ça les implique et les fait connaître.
- Pendant la rencontre, chaque personne manipule elle-même son téléphone et montre ses écrans ; personne ne prend un téléphone déverrouillé en main.
- Aucune liste de présence, aucune note avec des noms.
Précédent : Vous êtes membre · Suivant : Valider
Vous êtes dans l'une de ces situations ? nouveau ou nouvelle dans les groupes Signal d'organisation
Sources¶
Chaque note renvoie à la source de l'information. Les textes de loi évoluent : vérifiez la date de la source et, en cas de doute, demandez à un·e avocat·e.
-
EFF Surveillance Self-Defense — How to use Signal · Sourcé par IA le · à vérifier par un humain ↩
-
Signal — Sondages (Signal Polls) · Sourcé par IA le · à vérifier par un humain ↩
-
Signal — Conversations de groupe · Sourcé par IA le · à vérifier par un humain ↩
-
Signal — Gérer un groupe · Sourcé par IA le · à vérifier par un humain ↩