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Groupes Signal : valider la confiance¶
Groupes Signal : vue d'ensemble
Mots utilisés ici : les groupes (public, sas, confiance), les rôles (RH, gardien·ne…) et le vocabulaire.
Valider : la confiance graduée¶
La rencontre est un premier contact. On valide chaque personne, pas le sas : un sas peut compter des personnes validées le jour même et d'autres qui attendent, et les nouvelles personnes ne se garantissent jamais entre elles. On valide ensuite selon le niveau du groupe :
Critères publics, seuils privés
Ces critères sont publics, et c'est voulu : la sécurité d'un groupe ne repose pas sur le secret de la méthode. Les seuils (combien d'actions sont observées, combien de membres accompagnent, quel délai de décision) ne sont pas chiffrés ici : chaque groupe choisit les siens (par exemple, deux actions et 48 heures pour entrer dans le groupe de confiance, où rien de sensible ne s'écrit) et ajoute ses propres signaux, sans les publier. Plus ce à quoi la personne accède est sensible, plus le seuil monte : pour un sous-groupe sensible, aucun chiffre n'est donné ici. Ce qui concerne l'évaluation des personnes se dit à voix haute : rien n'en est écrit dans un groupe.
Vérifié, ça veut dire quoi ? Trois contrôles, qui ne répondent pas à la même question :
| Ce qu'on vérifie | Question | Qui, comment | Durée |
|---|---|---|---|
| Le compte | Ce compte Signal est-il bien celui de la personne devant moi ? | Le ou la secrétaire scanne le code QR du numéro de sécurité : le compte est marqué « vérifié », personne ne peut se faire passer pour elle avec un autre compte1 | 10 secondes |
| La personne | Quelqu'un de fiable la connaît-il vraiment ? | Un·e garant·e qui la connaît en dehors du mouvement, ou l'a vue agir sur plusieurs actions, le confirme en privé au ou à la secrétaire | Immédiat si quelqu'un la connaît ; quelques semaines sinon |
| Les réglages | Risque-t-elle d'exposer le groupe par négligence ? | Le ou la secrétaire, puis les RH : nom de militant·e, pas de photo, numéro caché, pas de nom en double | 5 minutes |
- Parcours rapide, quand quelqu'un la connaît déjà : rencontre au groupe sas (15 minutes de réglages et scan du code QR), confirmation du ou de la garant·e, nettoyage du groupe sas, second contrôle des RH, ajout au groupe de confiance. Le jour même.
- Parcours lent, quand personne ne la connaît : elle vient aux actions pendant quelques semaines. Ce temps ne se raccourcit pas : c'est le seul moyen de connaître quelqu'un.
- Ce que la vérification ne garantit pas : les intentions. Une personne malintentionnée qui a un·e vrai·e garant·e passera ; d'où « rien d'illégal par écrit » et le cloisonnement en sous-groupes.
| Pour entrer dans | Il faut |
|---|---|
| Le groupe de confiance (on n'y écrit rien de sensible) | Un·e secrétaire vérifié·e qui a rencontré la personne, fait ses réglages avec elle et scanné le code QR de son compte, un·e garant·e, puis le second contrôle des RH, qui l'ajoutent |
| Un sous-groupe sensible (medic, legal, logistique…) | Deux garant·es qui connaissent vraiment la personne, après une période dans le groupe de confiance ; le ou la gardien·ne du sous-groupe l'ajoute |
- Les garant·es n'ont pas besoin d'être dans le groupe sas : ce sont des membres vérifiés qui connaissent la personne ailleurs (ami·e, collègue, voisin·e, camarade de syndicat). Ils et elles le confirment en privé au ou à la secrétaire.
- Personne ne la connaît ? Elle vient aux actions publiques pendant quelques semaines ; les membres vérifiés qui l'ont vue agir et ont parlé avec elle peuvent ensuite se porter garant·es.
- Croisé·e en manif, même comme medic ? Ce n'est pas encore la connaître : n'importe qui peut porter un brassard medic ou une chasuble legal, et les sous-groupes de ces équipes sont sensibles. Pas d'ajout direct dans un groupe de confiance. En revanche, l'avoir vu·e agir sur plusieurs actions et lui avoir parlé permet de se porter garant·e ; et si elle vient d'un collectif connu (street medics, legal team), un membre vérifié qui connaît ce collectif peut être son ou sa garant·e.
- Une personne très active ? Un membre vérifié qui a agi à ses côtés sur plusieurs actions la propose à un·e secrétaire et devient son ou sa garant·e. Le ou la secrétaire la rencontre, au besoin sur place pendant une action (scanner un code QR prend 10 secondes), puis les RH l'ajoutent : le jour même ou le lendemain. Les syndicats, associations et collectifs aident aussi : un membre vérifié qui la connaît par son syndicat ou son collectif peut être son ou sa garant·e tout de suite.
- Jamais de garantie entre nouvelles personnes : plusieurs personnes malintentionnées arrivées ensemble se valideraient mutuellement. Pas de vote non plus, ni de seuil de « oui ».
- Un seul doute sérieux suffit pour attendre : le ou la secrétaire en parle aux RH, qui tranchent.
- Signal prévient quand deux membres d'un groupe portent le même nom : vérifiez, c'est peut-être une usurpation.2
- Ne demandez jamais pièce d'identité, photo, adresse ou employeur : ça crée un fichier dangereux en cas de saisie, et ça ne prouve rien.
- Signaux d'alerte : quelqu'un qui pousse à des actions illégales ou violentes, réclame des noms, des adresses ou la liste des groupes, veut entrer partout tout de suite ; un·e secrétaire qui valide beaucoup de monde d'un coup ; un·e garant·e qui revient sans cesse.
- Pas de liste de confiance. Une liste de « qui a rencontré qui », sur papier, dans un groupe Signal ou dans un outil de vote en ligne, dessine la carte de votre réseau : un téléphone saisi ou le serveur de l'outil suffit à la livrer entière. Rien ne se transmet par écrit ; le registre ne note jamais qui s'est porté garant·e pour qui.
- Au tout début, dans une ville sans aucun membre vérifié, le premier noyau est un groupe de personnes qui se connaissent déjà en vrai : ce sont les premier·es vérifié·es, secrétaires et garant·es.
Deux portes pour entrer dans le groupe de confiance¶
Une personne entre par la voie ouverte (personne ne la connaît encore) ou par la cooptation (un membre vérifié la connaît déjà). Dans les deux cas, on valide chaque personne : code QR scanné, réglages faits, un·e garant·e et le second contrôle des RH. Le détail de chaque parcours suit : la voie ouverte et la cooptation.
La voie ouverte
- Groupe public
- Groupe sas : rencontre, puis rendez-vous à une action d'autres
- Garant·es après plusieurs actions, puis second contrôle des RH
- Groupe de confiance
La cooptation
- Un membre vérifié propose quelqu'un qu'il connaît
- Rencontre avec un·e secrétaire, en tête-à-tête ou sur place
- Le membre qui propose est le ou la garant·e, puis second contrôle des RH
- Groupe de confiance
| Porte | La voie ouverte | La cooptation |
|---|---|---|
| Pour qui | Une personne que personne ne connaît encore | Une personne qu'un membre vérifié connaît déjà (ami·e, collègue, syndicat, vue agir sur plusieurs actions) |
| Par où | Groupe public, puis groupe sas et rencontre | Le membre vérifié la propose directement à un·e secrétaire, sans passer par le groupe public ni le groupe sas |
| Rencontre | Au groupe sas, puis à une action organisée par d'autres | En tête-à-tête, ou sur place pendant une action |
| Observation en action | Plusieurs actions, avec des membres vérifié·es qui observent et rapportent aux RH | Déjà faite : le membre qui propose la connaît ou l'a vue agir |
| Garant·e | Des membres vérifié·es qui l'ont vue agir eux-mêmes ; un·e suffit | Le membre qui l'a proposée |
| Ajout | Par les RH, depuis le sas | Par les RH, par nom d'utilisateur, depuis une conversation privée (aucun lien) |
| Durée | Plusieurs actions | Le jour même ou le lendemain |
| Limites | Filtre les opportunistes, pas une infiltration déterminée ; dépend du nombre de vérifié·es qui accompagnent | Une personne malintentionnée qui a un·e vrai·e garant·e passera ; pas de garantie entre nouvelles personnes |
Recruter à porte ouverte : les voir agir¶
À porte ouverte, la plupart des personnes n'ont pas de garant·e. Le parcours à privilégier est de les voir agir, plutôt que de s'en tenir à la conversation du sas : une conversation peut écarter une personne (signaux d'alerte), pas la valider, parce qu'une histoire se prépare. Ce sont des règles d'organisation, pas du droit.
- Le sas : rencontre, réglages, code QR du compte scanné (voir le groupe sas).
- Le sas, nettoyé et renommé : il sert uniquement à se donner rendez-vous pour se voir en vrai à une action ou une manifestation organisée par d'autres (syndicat, collectif). On n'y planifie aucune action : l'action est celle des organisateurs, et son heure et son lieu sont déjà publics. On y retire les absent·es, les personnes pas rencontrées et celles qui ont déclenché un signal d'alerte ; on garde les personnes rencontrées pas encore validées. Le groupe prend un nom neutre, sans mouvement ni ville, et des messages éphémères d'un jour, réglés avant toute chose. On n'y écrit que le point de rendez-vous, rien sur les personnes. Il reste la liste des personnes rencontrées : supposez que la police peut le lire. Il reste ouvert tant que des personnes attendent une décision (plusieurs actions, au moins deux) : chaque personne en sort quand elle est ajoutée au groupe de confiance ou écartée, et il est fermé quand plus personne n'attend (voir aussi le groupe temporaire, pour s'organiser sans passer par un sas).
- Agir ensemble, avec ces garde-fous :
- Plusieurs membres vérifié·es accompagnent, chacun·e avec une ou deux nouvelles personnes : pas un bloc compact de nouvelles personnes.
- Plusieurs actions avant de se porter garant·e, jamais une seule : une personne préparée se tient bien dans une seule.
- Ce qu'on observe : le calme, l'entraide, le respect de la charte ; ni poussée vers l'illégal ou la violence, ni photos des autres, ni questions sur les noms ou les groupes.
- Chaque membre vérifié·e rapporte en privé, à voix haute si possible, au ou à la secrétaire ou à un·e RH ce qu'il ou elle a vu : des faits observés (calme, entraide, charte, signaux d'alerte), pas un jugement sur la personne ni un « sûr / pas sûr ». Chaque membre vérifié·e qui a lui-même ou elle-même vu la personne agir en manifestation peut se porter garant·e : un·e garant·e suffit pour le groupe de confiance, plusieurs renforcent la décision des RH, qui tranchent. Pas de garantie par ouï-dire : on ne se porte pas garant·e parce qu'un·e autre l'a fait. Jamais de garantie entre nouvelles personnes. Rien n'est écrit durablement avec des noms.
- Aucune liste de qui est venu·e n'est gardée. Un débrief à voix haute avec les RH, le jour même.
- Pas de désignation publique : jamais « X ne fait rien » ou « Y est trop agressif·ve » dans le groupe. On se parle en vrai : rien ne se demande ni ne se critique dans le groupe, qui ne sert qu'au rendez-vous, et un doute va en privé aux RH (pause préventive).
- Le groupe est fermé quand plus personne n'attend de décision.
- Garant·es, second contrôle des RH, ajout : comme pour tout le monde.
Les limites, à dire clairement :
- Ce parcours filtre les opportunistes, pas une infiltration déterminée : une personne préparée se tient bien pendant plusieurs actions. Il réduit le risque sans le supprimer, d'où le groupe de confiance où rien de sensible ne s'écrit et les deux garant·es pour les sous-groupes. On ne dit jamais d'une personne qu'elle est « sûre ».
- Le rythme dépend du nombre de membres vérifié·es prêts à accompagner.
- Toutes les personnes ne peuvent pas aller en manifestation (handicap, horaires, enfants, situation administrative). L'« action » peut être une réunion publique, un tractage ou une permanence. Voir Manifester sans la nationalité française et Handicap ou maladie chronique.
Recruter par cooptation : un membre vérifié propose¶
Quand un membre vérifié connaît déjà la personne (ami·e, collègue, syndicat, vue agir sur plusieurs actions), elle n'a pas besoin de passer par le groupe public ni par le sas : c'est la voie la plus rapide, souvent le jour même ou le lendemain. Ce sont des règles d'organisation, pas du droit.
- Le membre qui propose est le ou la garant·e, et la présente en privé à un·e secrétaire. Plusieurs membres qui l'ont vue agir eux-mêmes peuvent se porter garant·es.
- La rencontre se fait en tête-à-tête, ou sur place pendant une action (scanner un code QR prend 10 secondes) : code QR du compte scanné, réglages faits.
- L'ajout se fait par les RH, par nom d'utilisateur, depuis une conversation privée : aucun lien ni code QR de groupe.
- Mêmes contrôles que partout : pas de garantie entre nouvelles personnes, pas de vote, et un seul doute sérieux suffit pour attendre.
Démarrer sans réseau¶
Dans une ville où personne ne s'est encore vu en action, ces leviers sont des choix d'organisation :
- Faire grossir le groupe public et les sas d'abord, pas le groupe de confiance : le groupe public ne contient rien de sensible et peut atteindre 1 000 personnes.3 Plusieurs sas par semaine ne limitent pas la croissance.
- Multiplier les occasions de se voir autres que les manifestations : réunions publiques, tractages, assemblées, ronds-points.
- Chercher des garant·es dans des réseaux qui existent déjà (syndicats, associations, collectifs, voisinage) : un membre vérifié qui connaît le collectif d'une personne peut être son ou sa garant·e tout de suite.
- Se rencontrer deux fois : un second sas avec la même personne, quelques jours plus tard, donne de quoi se porter garant·e.
- Au tout début, le noyau accompagne et observe : les premières personnes, qui se connaissent déjà en vrai, sont les premier·es vérifié·es et font les binômes ci-dessus.
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Vous êtes dans l'une de ces situations ? nouveau ou nouvelle dans les groupes Signal d'organisation
Sources¶
Chaque note renvoie à la source de l'information. Les textes de loi évoluent : vérifiez la date de la source et, en cas de doute, demandez à un·e avocat·e.
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EFF Surveillance Self-Defense — How to use Signal · Sourcé par IA le · à vérifier par un humain ↩
-
Signal — Zoom sur les noms d'utilisateur et la confidentialité du numéro de téléphone · Sourcé par IA le · à vérifier par un humain ↩
-
Signal — Conversations de groupe · Sourcé par IA le · à vérifier par un humain ↩